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Pour l'école de la confiance

Sommaire

Un titre percutant qui occupe la moitié de la couverture, le dessin d'une armée qui suit son roi, le tout en noir et blanc, avec une petite touche de jaune pour la couronne du roi, le ton est donné pour ce qui commence comme un conte sur le thème de la guerre. C'est avec humour que Thierry Dedieu nous en illustre la folie. Obstiné à être reconnu pour le plus fort du monde, ce « pauvre » roi en vint à lever deux armées, l’une pour attaquer, l’autre pour défendre son château, et après une rude bataille il y perdit la vie, sans gloire puisqu'il tomba dans un piège qu’il avait lui-même construit ! Si l'auteur ridiculise ainsi la guerre, c'est pour montrer avec intelligence la nocivité de cette quête insensée et sans limites du pouvoir, nommer la haine, comparer la folie de ce roi avec celle de certains hommes au pouvoir. A la fois drôle et tragique, cet album va pouvoir servir de support de réflexion sur la guerre, sur le désir de conquête à tout prix, sur l’absurdité de la guerre qu’on se livre parfois à soi-même… Un petit chef d’œuvre d’humour pacifique pour laisser le jeune lecteur s’amuser d’abord, réfléchir ensuite. Sous une apparente simplicité, le texte est remarquablement rédigé, les phrases rythmées, le vocabulaire finement choisi, avec des jeux de mots pour souligner l'impuissance du roi, des marques d'humour comme la répétition scandée, à chaque fois que l'on tourne la page de la phrase « Car d'ennemis, il n'avait point » comme pour rappeler la bêtise des chants guerriers. Thierry Dedieu utilise à merveille le lien texte-image et joue parfois sur la disjonction (l’illustration et le texte se contredisent). Ce rapport singulier et fort engage le lecteur à s’interroger et à chercher un sens à cette association originale, avec toujours en arrière plan, l'humour et la dérision. La pliure centrale utilisée pour symboliser la frontière mais aussi le miroir et son reflet rend la mise en page dynamique. Les illustrations, enfin, sont à l'image de la couverture, en noir et blanc, style papier découpé, sous forme de jeux visuels d'opposition. La petite touche de jaune symbolise la couronne du roi qui se ridiculise, page après page, et le rouge le sang versé et la mort inutiles, donc l'aspect tragique du sujet. Cet ouvrage est à mettre en réseau avec l'album d'Anaïs Vaugelade « La guerre » qui traite du même thème... en utilisant d'ailleurs la même période historique pour « planter » le décor de ses champs de bataille, un album édité en 1998, prix UNESCO 2001, qui fait partie de la liste proposée par le ministère. {Va-t-en guerre}, Thierry Dedieu, éditions Seuil Jeunesse (2012)

Va-t-en-guerre

Il était une fois un roi qui ne pensait qu’à la guerre et entretenait une armée de soldats et d’ingénieurs militaires occupés à inventer de nouvelles armes toujours plus performantes. Seul problème : il n’avait pas d’ennemis ! Après avoir provoqué en vain le seigneur le plus proche, puis payé des brigands pour l’attaquer, il eut enfin l’idée de génie : se déclarer la guerre à lui-même !

Un titre percutant qui occupe la moitié de la couverture, le dessin d’une armée qui suit son roi, le tout en noir et blanc, avec une petite touche de jaune pour la couronne du roi, le ton est donné pour ce qui commence comme un conte sur le thème de la guerre. C’est avec humour que Thierry Dedieu nous en illustre la folie.

Obstiné à être reconnu pour le plus fort du monde, ce « pauvre » roi en vint à lever deux armées, l’une pour attaquer, l’autre pour défendre son château, et après une rude bataille il y perdit la vie, sans gloire puisqu’il tomba dans un piège qu’il avait lui-même construit !

Si l’auteur ridiculise ainsi la guerre, c’est pour montrer avec intelligence la nocivité de cette quête insensée et sans limites du pouvoir, nommer la haine, comparer la folie de ce roi avec celle de certains hommes au pouvoir. A la fois drôle et tragique, cet album va pouvoir servir de support de réflexion sur la guerre, sur le désir de conquête à tout prix, sur l’absurdité de la guerre qu’on se livre parfois à soi-même… Un petit chef d’œuvre d’humour pacifique pour laisser le jeune lecteur s’amuser d’abord, réfléchir ensuite.

Sous une apparente simplicité, le texte est remarquablement rédigé, les phrases rythmées, le vocabulaire finement choisi, avec des jeux de mots pour souligner l’impuissance du roi, des marques d’humour comme la répétition scandée, à chaque fois que l’on tourne la page de la phrase « Car d’ennemis, il n’avait point » comme pour rappeler la bêtise des chants guerriers.

Thierry Dedieu utilise à merveille le lien texte-image et joue parfois sur la disjonction (l’illustration et le texte se contredisent). Ce rapport singulier et fort engage le lecteur à s’interroger et à chercher un sens à cette association originale, avec toujours en arrière plan, l’humour et la dérision. La pliure centrale utilisée pour symboliser la frontière mais aussi le miroir et son reflet rend la mise en page dynamique. Les illustrations, enfin, sont à l’image de la couverture, en noir et blanc, style papier découpé, sous forme de jeux visuels d’opposition. La petite touche de jaune symbolise la couronne du roi qui se ridiculise, page après page, et le rouge le sang versé et la mort inutiles, donc l’aspect tragique du sujet.

Cet ouvrage est à mettre en réseau avec l’album d’Anaïs Vaugelade « La guerre » qui traite du même thème... en utilisant d’ailleurs la même période historique pour « planter » le décor de ses champs de bataille, un album édité en 1998, prix UNESCO 2001, qui fait partie de la liste proposée par le ministère.

Va-t-en guerre, Thierry Dedieu, éditions Seuil Jeunesse (2012)

Mise à jour : 31 mars 2017